Fascinée par les reliefs, les matières, les matériaux utilisés, j’ai souvent été frustrée de ne pas pouvoir passer ma main sur l’objet exposé ou le tableau accroché.

Cette envie de toucher, comprendre l’histoire que racontait une œuvre, m’a poussé à prendre des cours de peinture.

J’ai volontairement opté pour une approche particulière, et pourtant très classique :  celle de la copie de tableaux de maîtres. Pendant plusieurs années, j’ai pris beaucoup de plaisir à apprendre les différentes techniques anciennes de peinture, tout en copiant des chefs-d’oeuvre. Mes cours avaient lieu dans un atelier parisien,« L’atelier Re-naissance ».

J’ai été initiée à la peinture à la cire chaude (encaustique). Cette technique ancienne, qui a près de 2000 ans, a été utilisée pour les portraits de Fayoum. Les égyptiens peignaient le portrait du défunt (de son vivant), et ce portrait était placé entre les bandelettes de la momie. Cette technique est assez compliquée, car il faut fabriquer son support, chauffer la cire, mélanger les pigments à la cire, et les premiers essais ne sont pas toujours concluants.

J’ai ensuite pratiqué la tempera (peinture à l’œuf). Cette technique utilisée par les primitifs italiens, est avant tout, un travail de patience. Cette peinture se pratique sur du bois. Ayant choisi de peindre un tableau avec des enluminures, j’ai dû graver le bois, et préparer ce qui s’appelle une assiette pour pouvoir poser les feuilles d’or. La technique des peintres primitifs italiens n’a rien de primitif. Il faut préparer son support avec de la colle de peau, extraire un jaune d’œuf qui sera utilisé comme un liant à l’eau et aux pigments. Ensuite par petits traits, les couleurs se posent les unes après les autres. La tempera à l’œuf est un exercice très complet et je le recommande vivement.

Après ces rencontres avec les textures, la matière, les pigments, les enduits, j’ai commencé à simplifier le processus d’apprentissage, en m’essayant aux « Natures Mortes ». Cette technique pratiquée par les « peintres hollandais » du 17ème siècle, m’a fait découvrir d’autres complexités. Certes, la peinture sort du tube, mais les transparences, les glacis, les effets dorés, les drapés, et les différents pinceaux, m’ont fait sortir de ma zone de confort. J’ai commencé à comprendre l’expression « le temps passé sur un tableau ». Le monde de la peinture à l’huile, c’est aussi une gestion du temps de séchage : il faut attendre près de 48 heures entre deux couches…

Mon parcours s’est ensuite ouvert, à la peinture à l’huile sur toile. J’ai décidé de copier des tableaux complexes. Je les ai choisis pour leurs difficultés, comme celle de peindre un tapis, des fleurs, de la fourrure, du satin etc…

Cet apprentissage des techniques anciennes et de la copie, m’a également permis de comprendre, la relation d’artiste et artisan, et la notion d’artisan d’art.

Une fois enrichie de ce savoir-faire, j’ai continué mon approche de l’Art et de la peinture, en ouvrant les portes d’un univers très différent, celui de « l’expression libre » avec des techniques plus contemporaines et sur du grand format.

Lara Martin